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Mon travail de recherche artistique interroge les mécanismes de pouvoir, de contrôle et de normalisation à l’œuvre dans les sociétés contemporaines, à partir d’une réflexion élargie sur le vivant. J’envisage le vivant comme une catégorie instable et non hiérarchique, qui dépasse le cadre strictement humain pour inclure les corps, les matières, les écosystèmes et les formes d’existence rendues marginales ou illégitimes.

Je m’intéresse aux dispositifs idéologiques, religieux, scientifiques et culturels qui organisent et disciplinent le vivant à travers des systèmes normatifs profondément ancrés dans la pensée occidentale. Ces structures reposent sur des logiques binaires qui produisent des rapports de domination, d’exclusion et de violence symbolique, en assignant les corps et les formes de vie à des catégories fixes et hiérarchisées.

Les questions de genre et d’identité traversent cette recherche non comme des catégories autonomes, mais comme des technologies de contrôle appliquées aux corps. Le genre apparaît comme l’un des outils par lesquels le vivant est normalisé et rendu conforme à des modèles sociaux, moraux et reproductifs. Cette approche s’inscrit dans une réflexion plus large sur la binarité et les dualismes, que je cherche à mettre en crise en travaillant avec des formes hybrides, instables et monstrueuses, envisagées comme des états du vivant plutôt que comme des anomalies.

Parallèlement, mon travail s’ancre dans une attention portée aux écosystèmes, aux modes de vie animaux et aux dynamiques naturelles, considérés comme des systèmes dotés de logiques propres, souvent incompatibles avec les modèles humains de domination. La confrontation entre nature et civilisation devient un espace critique où se révèlent les conséquences des structures de pouvoir humaines sur l’ensemble du vivant.

La nature occupe une place symbolique, ésotérique et profondément vécue dans ma pratique. Je m’intéresse aux matières organiques, périssables et instables, porteuses de mémoire et de transformations. Le temps y est central. Il accompagne les cycles de mutation, de dégradation et de persistance. La vie et la mort ne sont pas pensées comme des oppositions, mais comme des états liés, où la fin d’un cycle ouvre toujours sur une autre forme d’existence.

Cette attention au vivant rejoint mon intérêt pour l’incontrôlable. Le vivant échappe, déborde et résiste aux cadres qui tentent de le contenir. La perte de contrôle devient alors un espace de puissance, de résilience et de devenir. La mutation n’est pas une anomalie, mais une condition fondamentale du vivant.

La fiction constitue un outil central dans mon travail. À travers des récits fragmentés et des imaginaires spéculatifs, je cherche à créer des espaces de trouble où se croisent politique, intime et croyance. La fiction permet d’aborder des sujets sensibles ou violents sans frontalité directe, en révélant les logiques de contrôle et de normalisation qui traversent les corps et le vivant.

Ma recherche est nourrie par des pensées qui remettent en cause les dualismes occidentaux et proposent des visions relationnelles et hybrides du vivant. Ces références accompagnent ma manière d’habiter le monde autrement, en considérant le vivant comme un réseau de relations instables, sensibles et en transformation constante.

À travers cette pratique, je cherche à faire émerger des espaces où le vivant peut persister, se transformer et résister. Un espace où la fin n’est jamais une disparition, mais un passage, et où ce qui échappe aux normes continue d’exister malgré tout.

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